Juifs en France: ce qu’a changé la Révolution (R. Neher Z’l)

La Révolution Française, en apportant aux Juifs le droit d’accéder à la citoyenneté pleine et entière, a radicalement transformé la relation de l’homme chrétien du 18ème siècle face au Juif.

De paria qu’il était, le Juif accède, grâce à la Révolution française, à la dignité d’homme libre.

On trouve l’expression de cette reconnaissance à tous les niveaux de la conscience juive.

Une sorte de dicton populaire, courant au début du 20ème siècle, disait que tout Juif a deux patries: la sienne propre et la France.

Henri Graetz, spécialiste de l’histoire juive, écrivait dans les années 1870 : “La Révolution française fut vraiment, selon l’expression du prophète, le jour du Seigneur où les orgueilleux furent abaissés et les humbles relevés’”.

 

Quittez un vil trafic, renoncez à l’usure,
Aux arts et aux métiers, joignez l’agriculture,
Stellt Wucher und Betrug, und schnödess Scharchern ein,
handwerch, Kunst Acherbau, mus ewer Nahrung sein

 

livre antisémite de François J.A. de Hell, 1790 – Coll. Dr. André Bernheim

A y regarder de près, le déroulement des événements qui aboutit à  ce fameux décret  d’émancipation de septembre 1791 paraît moins idyllique et plus complexe que ne le laissent supposer les formulations citées précédemment.

Il y a eu au sujet des Juifs de violents débats et des conflits très âpres qui n’aboutissent qu’au prix d’immenses efforts à  l’émancipation.

A la veille de la Révolution, les Juifs représentent en France une petite minorité qui compte au maximum quarante mille âmes, dont la présence n’est légalement tolérée que dans les marches frontières.

L’ensemble du Royaume reste soumis au décret d’expulsion des Juifs de France, qui remonte au 14ème siècle.

Avant la Révolution

Les Juifs n’ont pas la liberté de résider où bon leur semble à  l’intérieur de la France. Depuis le décret d’expulsion totale du Royaume en 1394, ils n’ont même aucun droit d’habiter en quelque localité que ce soit.

Par la suite d’événements politiques divers, des villes ou des provinces de l’Est où habitaient des Juifs ont été rattachées à  la France : l’évêché de Metz d’abord, en 1556; puis l’Alsace en 1648 et la Lorraine en 1766.

Les rois de France font pour les Juifs de ces régions une dérogation au décret d’expulsion et les autorisent à  garder leur résidence dans la région annexée.

Dans le Sud-Ouest, des “Marranes”, quittant l’Espagne ou le Portugal avec ses menaces d’Inquisition, viennent habiter Bordeaux et sa région et les faubourgs de Bayonne: mais on ne les y tolère que sous la qualité non pas de Juifs, mais de “nouveaux chrétiens”.

Dans le Sud-est, des Juifs habitent dans des régions qui n’appartiendront à  la France qu’à  l’époque de la Révolution: Avignon et le Comtat Venaissin, propriété des Papes, jusqu’en, 1791, et le Comté de Nice, possession de la Maison de Savoie jusqu’en 1792.

Dans chacune de ces régions, les communautés juives offrent des traits démographiques et sociologiques extrêmement différents.

L’Alsace

C’est là  que l’on trouve les communautés les plus nombreuses : la moitié de le population juive d’ensemble.

C’est une population essentiellement rurale; car les deux seules grandes villes de la province: Strasbourg et Colmar, maintiennent après la conquête française, comme avant, leur législation municipale interdisant aux Juifs d’y habiter de manière permanente. Mulhouse, à  l’époque, fait partie de la Suisse (jusqu’en 1799) et n’admet pas non plus les Juifs.

Malgré son rattachement à  la France, l’Alsace reste morcelée un de multiples petites principautés, villes épiscopales et villes libres: chacune pratique à  l’égard des Juifs la politique de son choix; d’où des législations multiples qui différent sur de nombreux points.

Elles ont cependant toutes un trait commun : l’obligation faite aux Juifs de payer des impôts spéciaux de tolérance ou de transit (péage corporel) qui enrichissent les finances locales et incitent les princes à  accueillir sur leurs territoires un plus grand nombre de Juifs.

C’est la raison majeure pour laquelle la population juive d’Alsace augmente rapidement au cours du 18ème siècle. Les éléments nouveaux sont attirés vers l’Alsace en provenance des provinces germaniques voisines, et parfois de plus loin. L’enracinement local se fait très vite.

A la veille de la Révolution, la population juive d’Alsace, appelée officiellement la nation juive d’Alsace est relativement homogène. Elle est répartie en plus de 180 villages ou bourgades.

Le recensement de 1734 donne un total de 19.624 âmes. Les plus importantes communautés sont Bischheim en Basse Alsace, avec 473 Juifs, et Wintzenheim en Haute Alsace – avec 381. Dans certains villages on trouve une ou deux familles seulement.

Ces Juifs d’Alsace sont souvent appelés “Allemands”, car en Alsace, malgré le rattachement à  la France, la langue parlée est un dialecte germanique. Les actes officiels du royaume destinés à  l’Alsace aussi bien que les règlements des municipalités locales sont bilingues: Français et Allemand.

Les Juifs d’Alsace parlent un dialecte spécifique où le patois local se mêle d’hébraïsmes pour former le judéo-allemand (Yiddish Deutch). Tout un folklore caractéristique se constitue peu à  peu, qui donne au judaïsme alsacien un cachet très particulier.

1784-1789: vers une nouvelle approche des relations entre Chrétiens et Juifs.

L’influence des Philosophes et de l’esprit des lumières d’un côté, l’exemple de l’Empereur Joseph II dont l’édit de tolérance (1781) impressionne le Gouvernement royal, enfin les efforts de certains Juifs éminents, comme Pereire et Cerf Berr contribuent à  faire prendre conscience que la situation des Juifs en France n’est pas ce quelle devrait être.

Enquêtes, études, recherches se multiplient sur la situation des Juifs du royaume, leurs métiers, leur comportement, et avant tout leur nombre, car certains les croient trop nombreux et envahissants.

D’où le premier grand recensement officiel des Juifs d’Alsace, réalisé en 1784 avec un très grand soin dans toute la province et publié aussitôt en un gros in-folio.

Cotte même année 1784, Louis XVI abolit le “péage corporel”, taxe humiliante qui assimilait les Juifs aux animaux en les obligeant à  payer un impôt spécial pour transiter par certaines villes, en particulier Strasbourg.

Le coup d’envoi est ainsi donné à  une nouvelle approche de la relation entre Chrétiens et Juifs.

En 1787, Mirabeau séjournant en Allemagne est frappé de tout ce qu’il y apprend sur Mendelssohn mort un an plus tôt. A son retour, il publie un livre qui a un grand relentissement : Sur Moïse Mendelssohn et sur la réforme politique des Juifs.

Presqu’en même temps l’Académie royale de Metz propose un sujet de concours : Est-il des moyens de rendre les Juifs plus heureux et plus utiles en France ? Des trois mémoires primés, le plus connu est celui de l’Abbé Grégoire, curé d’un village de Lorraine.

En 1788, Louis XVI charge son ministre Malesherbes, qui venait de s’occuper de la question des Protestants, de se pencher sur le sort des Juifs.

Les Portugais, pour commencer, sont convoqués à  Paris et lui remettent un volumineux mémoire. Les événements de 1789, la convocation des Etats Généraux, les débuts de la Révolution marqués par la prise de la Bastille (14 juillet 1789) gèlent tous les projets de réforme envisagés par le Gouvernement royal.

Vers L’émancipation

La Déclaration des Droits de l’Homme (26 août 1789) affirme que “tous les hommes naissent et demeurent égaux en droit” et que “nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses”. De tels principes auraient dû entraîner immédiatement l’accès des Juifs à  la pleine citoyenneté. Dans les faits, les choses furent bien plus lentes et complexes.

Ce que les Juifs obtiennent par les premières réformes de la Révolution c’est le droit de résidence dans n’importe quel point du royaume ; mais au milieu des bouleversements sociaux profonds et multiples qu’entraîne la Révolution, celle possibilité nouvelle ne sera que très rarement utilisée.

Les Juifs de Paris n’ont plus à  subir de contrôle spécial et leur droit de résidence dans la capitale n’est plus remis en cause. Ils sont assez nombreux à  s’engager dans la Garde nationale.

Les seuls à  pouvoir participer aux opérations électorales locales de 1789 sont les Juifs portugais. Ceux des autres provinces sont seulement admis à  présenter des requêtes exprimant leurs vœux devant l’Assemblée constituante.

Dès le début, l’Abbé Grégoire, Mirabeau, Clermont-Tonnerre, Duport, membres de la Constituante, et quelques autres de leurs collègues insistent pour qu’on examine favorablement les requêtes des Juifs et qu’ils obtiennent le titre de Citoyen à  part entière, c’est-à -dire, en langage du temps, Citoyen Actif.

Plusieurs pétitions sont ainsi présentées par les porte-paroles des communautés juives de Bordeaux, d’Alsace, de Lorraine et de Paris, la plupart sont simplement soumises par écrit à  l’Assemblée.

Le discours que Berr Isaac Berr de Nancy est admis à  prononcer devant l’Assemblée pour exprimer le voeu des Juifs d’accéder au titre de citoyen actif fait une grande impression. Mais l’opposition est très forte.

L’Abbé Grégoire représente une voix assez isolée parmi les représentants du Clergé à  la Constituante. La majorité des députés du Clergé et de la Noblesse s’opposent farouchement à  ce que les Juifs deviennent les égaux des autres citoyens.

En même temps, en Alsace, les villageois poussés par la misère et affolés par les événements se soulèvent contre les seigneurs mais aussi contre les Juifs. Pillages des nuisons juives, incendies, déprédations se multiplient en automne 1789 et jusqu’à  l’automne suivant.

Certains Juifs s’enfuient en Suisse pour un refuge provisoire à  Mulhouse et Bâle. Le maire de Strasbourg Dietrich (chez qui sera chantée pour la première fois la Marseillaise) rappelle que rien n’est changé aux interdictions anciennes contre les Juifs.

Une première étape en faveur des Juifs est franchie le 28 janvier 1790 quand l’Assemblée constituante accorde les droits de citoyen actif aux Juifs “connus sous le nom de Portugais, Espagnols et Avignonnais”.

La majorité des députés des provinces de l’Est continuent à  s’opposer à  ce que les mêmes droits soient accordés aux Juifs de leurs régions.

Un député de Colmar, Reubell, va jusqu’à  affirmer que c’est dans l’intérêt même des Juifs : si les Alsaciens apprennent que la Constituante accorde l’égalité aux Juifs, ils les égorgeront dans leur fureur.

La question est posée à  plusieurs reprises au cours des mois suivants, mais chaque fois les opposants arrivent à  triompher, au nom de l’ordre public. Jamais le calme ne règnerait en Alsace si les Juifs étaient admis au rang de citoyen actif.

Les Juifs sont, en fait, l’occasion d’un affrontement en profondeur entre les adeptes de l’ancien ordre basé sur un exclusivisme chrétien, et les partisans d’un ordre nouveau où l’égalité de tous les hommes est érigée en principe absolu. Ce sont eux qui obtiendront finalement la victoire, mais in extremis.

A la veille de se séparer, l’Assemblée constituante finit par voter le 27 septembre 1791 l’abolition de toute discrimination concernant les Juifs. Ce décret s’applique à  tous les Juifs résidant en France, sans exception : il marque leur complète émancipation.

Mais le décret exige que, du même coup, les Juifs renoncent à  tout ce qui avait fait d’eux jusqu’ici une minorité solidement organisée.

Le terme de “Nation juive” portugaise ou d’Alsace est donc définitivement extirpé du langage ; mais les structures communautaires, les pouvoirs des syndics ou des préposés, les juridictions rabbiniques, les taxations pour les caisses de charité, tout cela est aboli du même coup.

 

Source: Dr. Rina NEHER-BERNHEIM Z’l

Les 50 ans de l’AJCM

Nous proposons sur un DVD quatre véritables documents historiques, dont deux audios et deux vidéos sur le dialogue entre juifs et chrétiens à Mulhouse.
D’une valeur de 8 €, ce documentaire permet d’entendre les voix de :
-    Jules ISAAC.  Juif, historien, inspecteur de l’Éducation Nationale, il est l’initiateur avec d’autres du mouvement de l’Amitié Judéo-Chrétienne en France. 
-    Roger SPIRA.  Juif, cardiologue, il est avec d’autres l’initiateur de l’Amitié Judéo-Chrétienne de Mulhouse.
A ces deux illustres voix qui résonnent pour nous comme des aiguillons à notre conscience, s’ajoutent
-    un reportage vidéo diffusé sur France 3 Alsace, réalisé avec le concours du magazine  » Paraboles « ,
-    le film officiel des 50 ans d’Amitié Judéo-Chrétienne à Mulhouse.
Ce DVD a été réalisé avec le soutien de la Région Alsace et du Conseil Général du Haut-Rhin.
Son acquisition auprès de Jérôme Batoula, Président de l’AJCM, sera un encouragement au progrès du dialogue entre juifs et chrétiens en Alsace.

LES DIX POINTS DE SEELISBERG

Du 30 juillet au 5 août 1947 eut lieu à SEELISBERG (Suisse) une conférence internationale extraordinaire du COUNCIL OF CHRISTIANS AND JEWS, pour étudier les causes de l’anti-sémitisme chrétien et tenter d’y porter remède. Parmi les soixante-dix personnalités venues de dix-sept pays, on comptait vingt-huit juifs (dont Jules ISAAC), vingt-trois protestants, neuf catholiques et deux orthodoxes grecs. Lors de cette conférence, les Chrétiens prirent conscience de l’état de l’enseignement chrétien à l’égard des Juifs et du judaïsme. Ils mesurèrent l’étendue de la responsabilité chrétienne dans le génocide hitlérien et comprirent qu’il fallait d’urgence corriger l’enseignement chrétien. Ils élaborèrent dix points, largement inspirés des dix-huit propositions de l’historien Jules ISAAC pour éradiquer les préjugés contre les Juifs.

1. Rappeler que c’est le même Dieu vivant qui nous parle à tous, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.

2. Rappeler que Jésus est né d’une Vierge juive, de la race de David et du Peuple d’Israël, et que Son amour éternel et Son pardon embrassent son propre peuple et le monde entier.

3. Rappeler que les premiers disciples, les Apôtres et les premiers martyrs étaient juifs.

4. Rappeler que le précepte fondamental du Christianisme, celui de l’amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l’Ancien Testament, et confirmé par Jésus, oblige « Chrétiens et Juifs » dans toutes les relations humaines, sans aucune exception.

5. Éviter de rabaisser le judaïsme biblique ou post-biblique dans le but d’exalter le Christianisme.

6. Éviter d’user du mot « juifs » au sens exclusif de « ennemis de Jésus » ou de la locution « ennemis de Jésus » pour désigner le peuple juif tout entier.

7. Éviter de présenter la Passion de telle manière que l’odieux de la mise à mort de Jésus retombe sur les juifs seuls. Ce ne sont pas les Juifs qui en sont responsables, car la Croix, qui nous sauve tous, révèle que c’est à cause de nos pêchés à tous que le Christ est mort. (Rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité qu’ils encourent du fait de présenter l’Evangile et surtout le récit de la Passion d’une manière simpliste.

En effet, ils risquent par là d’inspirer, qu’ils le veuillent ou non, l’aversion dans la conscience ou le subconscient de leurs enfants ou auditeurs. Psychologiquement parlant, chez des âmes simples, mues par un amour ardent et une vive compassion pour le Sauveur crucifié, l’horreur qu’ils éprouvent tout naturellement envers les persécuteurs de Jésus, tournera facilement en une haine généralisée des Juifs de tous les temps, y compris ceux d’aujourd’hui.)

8. Éviter de rapporter les malédictions, scripturaires et le cri d’une foule excitée : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants », sans rappeler que ce cri ne saurait prévaloir contre la prière infiniment plus puissante de Jésus : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

9. Éviter d’accréditer l’opinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances.

10. Éviter de parler des Juifs comme s’ils n’avaient pas été les premiers à être de l’Église.

Ce message a été rédigé par les membres chrétiens de la Commission religieuse à l’intention des chrétiens. Afin d’éviter tout malentendu, les délégués juifs de cette Commission ont précisé dans une déclaration écrite, qu’ils ne prenaient aucune position quant aux implications théologiques et historiques du texte.

Les participants à cette conférence : le premier assis à gauche, le Grand Rabbin de Roumanie, Alexandre Safran ; derrière lui, debout : le Grand Rabbin adjoint de France, Jacob Kaplan ; l’écrivain Josué Jéhouda, de Genève ; le professeur Selig Brodetzki, président du Conseil représentatif des Juifs d’Angleterre. (L’antisémitisme. Résultats d’une conférence internationale de chrétiens et juifs. Seelisberg, Suisse 1947. Edité par le Conseil International de Chrétiens et Juifs, Genève).

Centre de Recherche, d’Etudes et de Documentation du Yiddish Occidental/alsacien 

10, rue des Frères Lumière – 68093 MULHOUSE Cedex – Tél. 03 89 33 63 91 – FAX 03 89 33 63 99 C R E D Y O CENTRE DE RECHERCHE, D’ETUDES ET DE DOCUMENTATION DU YIDICH OCCIDENTAL

Le CREDYO est une association dont les statuts ont été adoptés le 12 décembre 1986. L’association a été inscrite au Tribunal d’instance de Mulhouse le 16 avril 1986.

Elle compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de membres. Son siège est à l’Université de Haute Alsace.

Membres du Bureau : Astrid Starck-Adler, professeure d’université, 1, rue des Halles, 68100 Mulhouse, présidente.

Roger Harmon, professeur de musique, 118 Hegenheimerstrasse, 4055 Bâle, secrétaire.

Pierre Widolf, comptable, 104, rue de Reiningue, 68990 Heimsbrunn, trésorier.

Le CREDYO est une association à but non lucratif dont l’objectif est la préservation du yidich alsacien, dernière branche vivante du yidich occidental né au moyen-âge dans la vallée du Rhin. Expression de la tradition, de l’histoire et de la culture juives en Alsace, décimés par la Shoah, le yidich constitue non seulement une partie importante du patrimoine alsacien dont il est une composante incontournable, mais de plus il s’intègre dans le grand ensemble du yidich s’étendant de l’Alsace à l’Europe orientale, avant qu’il n’essaime, par suite de l’émigration, sur les cinq continents.

Ce dialecte du yidich a produit une importante littérature qui n’a pas encore été étudiée. Sur la langue elle-même, il existe peu de documents. C’est pour cette raison que le CREDYO, créé en 1986, s’est fixé les tâches suivantes:
1) La mise en lumière de l’importance du yidich alsacien et de l’urgence de son étude
2) La recherche sur la langue et la littérature yidich alsaciennes 1 1
3) La constitution d’archives écrites et sonores
4)L’élargissement du champ de la yidistique par un apport original: celui du yidich alsacien
5) La publication d’œuvres épuisées ( Bibliothèque du CREDYO )
6) L’interaction entre les cultures en présence en Alsace et les influences réciproques
7) La publication des travaux dans la revue : : Les Cahiers du CREDYO (1995-) Grâce au soutien et à la contribution des personnes intéressées, le CREDYO pourra mener à bien la tâche entreprise.

La cotisation s’élève à 35 € pour les membres actifs, de 50 € ou plus pour les membres donateurs. Le montant donne droit à la revue et à une déduction fiscale et à la revue.

Association oecuménique Charles Péguy

« (Chrétien), ne va pas te glorifier…, car ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte » (st Paul, Romains XI, 18).

ANNÉE 2019-2020

ÉTUDE DE L’HÉBREU BIBLIQUE

Cours d’hébreu biblique chez les sœurs de N.D. de Sion, 10 rue Erckmann-Chatrian, Strasbourg (tél 03 88 35 45 47) :

Niveau 1 (débutants) :

Un lundi sur deux (15h00-16h30h), avec Simone Otteni, à partir du 9 septembre

Niveaux progressants :

Un mercredi sur deux (18h30-20h), avec Christel Klauss, à partir du 2 octobre

Un jeudi sur deux (19h00-20h30), avec Jean Brousse, à partir du 26 septembre.

Week-ends d’hébreu  biblique (avec sr Michèle Debrouwer, nds, 10 rue Erckmann-Chatrian, Strasbourg) : 9-10 nov…

Session « Hébreu et judaïsme alsacien » : 13-18 juillet, avec sr M. Debrouwer et Jean Brousse, Centre St Thomas, Strasbourg-Robertsau (cours le matin, sorties et conférences l’après-midi).

CONFÉRENCES PUBLIQUES

Mercredi 2 octobre 2019 : Femmes de la David, Femmes de la Bible, Lysette Hassine Mamane, enseignante de Lettres et de Bible en écoles juives, partenariat B’nai B’rith Hirschler, association Charles-Péguy et Amitié Judéo-Chrétienne de Strasbourg, 20h, Foyer Protestant, 4 rue Mélanie, Strasbourg-Robertsau

Lundi 4 novembre 2019 : Les bénédictions dans la vie juive, conférence de Harold Abraham Weill, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin, 20h30, Salle Saint Maurice, 1 rue de Reims, Strasbourg.

Jeudi 23 janvier 2020 : Bioéthique : où allons-nous ?, conférence à deux voix avec le docteur Jean-Gustave Hentz, président de la commission éthique de la Fédération Protestante de France et le docteur Elie Botbol, spécialiste du Talmud, en collaboration avec l’AJCS, Salle Blanche, Librairie Kléber, 17h (horaire à confirmer)

Mercredi 29 janvier 2020 : Le Buisson Ardent et la révélation du nom de Dieu, conférence de Françoise Laurent, Professeur à la Faculté de Théologie catholique de Strasbourg, 20h30, FEC, place Saint-Etienne.

Lundi 10 février 2020 : La naissance du christianisme, conférence du professeur Dan Jaffé, en collaboration avec l’Amitié judéo-chrétienne de Strasbourg, Salle Blanche de la Librairie Kléber, 17h (horaire à confirmer)

Jeudi 12 mars 2020 : La sanctification du Nom de Dieu dans le judaïsme et dans le christianisme, conférence à deux voix, avec Gabriel Attias, professeur de pensée juive, et Denis Fricker, professeur à la Faculté de Théologie catholique de Strasbourg, 20h30, au FEC.

JOURNÉE D’ÉTUDE, 9h30-16h30 (sur inscription), avec repas cacher

Dimanche 9 février 2020 : Paul de Tarse et les judéo-chrétiens au miroir du Talmud et des Évangiles, journée d’étude avec Dan Jaffé, Professeur à l’Université Bar-Ilan, Israël. Partenariat avec l’Amitié Judéo chrétienne de Strasbourg (lieu à définir)

INFORMATIONS : Chez les sœurs de N.D. de Sion (tél : 03 88 35 45 47), où vous pouvez trouver renseignements et documentation, 10 rue Erckmann-Chatrian, ou au siège de l’Association (03 88 60 79 43 et jacqueline.cuche@gmail.com), ou auprès du pasteur Fabian Clavairoly, paroisse du Bouclier.

___________________________________________________________________________

Bulletin d’adhésion annuelle à remettre lors d’une rencontre ou à renvoyer à Élisabeth Froideval, 31, rue d’Alsace, 67450 Lampertheim (libeller les chèques à l’ordre de l’association).

M. Mme Mlle

(adresses postale ou/et mail)  :

adhère à l’Association œcuménique Charles-Péguy et adresse le montant de la cotisation annuelle (25 euros)

L’Association Oecuménique Charles-Péguy, qui a fêté au printemps 2010 son vingtième anniversaire, fut fondée par un groupe de chrétiens qui, répondant à l’appel de l’Eglise et convaincus de la nécessité de la réconciliation entre juifs et chrétiens, ont voulu mettre au service de leurs frères leur expérience de ce dialogue.

Un nouveau regard

L’Association Oecuménique Charles-Péguy s’adresse prioritairement au peuple chrétien, celui des paroisses ou de tout autre rassemblement d’Eglise, qui, pendant des siècles, y reçut concernant le peuple juif et sa religion un enseignement que le grand historien juif Jules Isaac a désigné comme « l’enseignement du mépris » : rejet par Dieu de l’Israël infidèle et remplacé par l’Eglise (« théologie de la substitution », admirablement illustrée par les si belles statues de l’Eglise et de la Synagogue de notre cathédrale de Strasbourg…), vision négative du judaïsme et du peuple juif, opposition entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliances, etc.

Depuis environ cinquante ans, un « enseignement de l’estime » a succédé dans l’Eglise à cet « enseignement du mépris », mais ce dernier a laissé çà et là des traces profondes : dans les mentalités chrétiennes, encore souvent imprégnées d’idées fausses, de préjugés et d’ignorance, mais aussi dans les mentalités juives, trop longtemps habituées à subir des chrétiens persécution, haine ou, au mieux, incompréhension.

Par ses activités, l’Association Charles-Péguy veut aider le chrétien à porter sur le « frère aîné » ce nouveau regard auquel nous convient nos Eglises depuis le concile Vatican II et les grandes déclarations des Eglises Protestantes : regard suscité par l’intérêt, le respect, le désir de découvrir – sans que soit nié ce qui nous sépare – ce qui nous unit, ce lien spirituel intérieur au mystère même de l’Eglise, comme l’affirmait en 1965 le décret conciliaire Nostra Aetate (début du §4).

C’est donc à un double travail de réflexion que sont appelés les chrétiens. D’une part une réflexion sur les racines juives de la foi chrétienne : découvrir dans le christianisme toute la part juive, héritée des origines, leur permettra de mieux connaître leur propre religion, par une meilleure connaissance de Jésus, le juif, et une meilleure compréhension des Ecritures, du 1er comme du 2nd Testament, ce Livre écrit par des juifs et nourri de la tradition juive et du judaïsme hellénistique. D’autre part une réflexion sur le judaïsme en tant que tel, pour lui-même, qui permette aux chrétiens de découvrir les richesses de la tradition juive et la beauté du judaïsme lorsqu’il est vécu en profondeur.

Dans le cœur de ceux qui s’engagent dans cette double réflexion surgit alors la question essentielle : quelle est la vocation du peuple de la 1ère Alliance, « alliance qui n’a jamais été révoquée » (Jean-Paul II) puisque « les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance » (saint Paul) ? Quel est son rapport à la vocation de l’Eglise ? Quel sens profond peut avoir leur dialogue, pour eux mais aussi pour le monde ?

 

Une démarche de réconciliation

Ce nouveau regard posé par l’Eglise sur le peuple d’Israël est inséparable d’une connaissance de l’histoire des relations entre juifs et chrétiens durant ces deux millénaires, histoire compliquée et douloureuse, dont la mémoire juive est sortie profondément meurtrie et qui l’habite encore (je n’évoquerai ici que la seule accusation monstrueuse et absurde de « peuple déicide », qui a causé tant de souffrances au peuple juif et qui persiste encore dans bien des mentalités chrétiennes). Nous, chrétiens, ne pouvons vouloir rencontrer les juifs et ignorer cette mémoire juive. La réconciliation entre juifs et chrétiens ne peut faire l’économie d’une prise de conscience ni du poids de l’histoire (l’Eglise doit assumer son passé, et les Pasteurs de nos Eglises nous en montrent l’exemple, au plus haut niveau) ni de la responsabilité chrétienne dans les souffrances séculaires du peuple juif. Telles sont les démarches que doivent accomplir les chrétiens, préalables à toute véritable rencontre entre l’Eglise et la Synagogue. Telles sont les conditions indispensables à toute réconciliation. L’histoire de leurs relations est telle que c’est bien au frère cadet de se mettre en route, le premier, vers le frère aîné, et sans attendre aussitôt de lui une réponse. Seuls la sincérité de la démarche, et le temps,  nécessaire à toute conversion des cœurs, des cœurs chrétiens comme des cœurs juifs, permettront une véritable réconciliation. Le reste appartient à Dieu.

 Une démarche œcuménique

L’Association Charles-Péguy est une association œcuménique, où catholiques et protestants œuvrent ensemble à tous les niveaux. Cette caractéristique lui paraît de plus en plus essentielle, tant il est vrai que le dialogue avec les juifs favorise l’œcuménisme. En effet, en plaçant les chrétiens en face de leurs frères aînés du peuple d’Israël, il leur fait prendre une conscience plus vive de ce qui les unit dans la foi au Christ – et par conséquent du mal que représente leur division et de l’infidélité qui est la leur à la Parole du Christ (« qu’ils soient Un ! »). En outre, en leur faisant découvrir toute la richesse qu’apporte la différence juive, il les rend plus sensibles à l’enrichissement mutuel qu’apportent aux chrétiens leurs propres différences et à se réjouir que, là encore, du mal puisse jaillir le bien.

 Sur les pas de Péguy

Dans ses rapports avec les juifs, qui furent toujours nombreux dans son entourage, Charles Péguy, ce grand écrivain chrétien, peut être un modèle pour notre temps. Sa fréquentation quotidienne des juifs lui a permis de les comprendre et de pouvoir dire, dans son beau livre Notre Jeunesse : « Je connais bien ce peuple ».  Révolté par l’antisémitisme qui se déchaîna durant l’Affaire Dreyfus et par l’antijudaïsme de l’Eglise de son temps, habité par une sympathie profonde, Péguy a perçu la souffrance juive et en a été lui-même profondément ému. Ayant retrouvé la foi, non seulement il leur a conservé son  amitié, mais c’est cette amitié qui a façonné, imprégné le regard de chrétien qu’il a alors porté sur eux et l’a à tout jamais gardé d’une vision négative du juif. C’est cette amitié qui lui a permis de voir en tout juif, quel qu’il soit, le fils du peuple élu, du « peuple des prophètes », comme il appelle si souvent Israël, avec un infini respect.  Cette attitude n’exclut pas la lucidité : il y a « d’énormes quantités d’imbéciles et en Israël et en chrétienté », constatait-t-il. Nous voulons nous mettre à l’école de Péguy et regarder nos frères aînés avec le même respect et la même exigence. Israël, peuple élu, est porteur d’une vocation qui le dépasse : proclamer dans le monde la sainteté de Dieu. L’Eglise a reçu le même appel. Hommes pécheurs, juifs et chrétiens portons ce trésor « dans des vases d’argile », comme dit saint Paul. Saurons-nous mutuellement nous aider à donner le meilleur de nous-mêmes ? « Soyez de meilleurs chrétiens pour que nous soyons de meilleurs juifs », demandait un ami. Là est le vrai dialogue.

Jacqueline Cuche, Vice-présidente.

 Fondée au printemps 1990, l’Association Oecuménique Charles-Péguy inscrit son action dans le travail de réflexion et de dialogue avec le judaïsme mené par les Eglises chrétiennes depuis la dernière guerre. En lien avec les aumôneries étudiantes, les responsables de la catéchèse et les services d’Eglise œuvrant au dialogue interreligieux, elle entretient aussi des relations privilégiées avec la Communauté Israélite de Strasbourg.

Activités :

L’Association Oecuménique Charles-Péguy propose cours d’hébreu biblique, conférences publiques, journées et soirées d’étude, documentation et informations diverses, notamment par l’envoi régulier à ses adhérents d’une lettre-circulaire.. Elle promeut dans le diocèse le Dimanche du Judaïsme et est amenée à animer des soirées, des sessions de réflexion sur le judaïsme et le dialogue judéo-chrétien devant toutes sortes de publics (classes, paroisses, catéchètes, communautés religieuses, groupes divers….) qui lui en font la demande.

Renseignements auprès du siège de l’Association ou des Sœurs de N.D. de Sion (03 88 35 45 47).

 « PERMANENCE SUR RENDEZ-VOUS« 

  • Chez les sœurs de N.D. de Sion (tél : 03 88 35 45 47), où vous pouvez trouver renseignements et documentation, 10 rue Erckmann-Chatrian,
  • ou au siège de l’Association  (03 88 60 79 43),
  • ou auprès du pasteur Fabian Clavairoly, paroisse du Bouclier (07 77 93 42 18).

 Bulletin d’adhésion annuelle  (cliquer)

AJC DE COLMAR

CALENDRIER DES CONFÉRENCES 2019-2020

Antisémitisme : un mal qui ressurgit

Lundi 23 septembre 2019, Michel Serfaty rabbin à Ris-Orangis, fondateur de l’Amitié Judéo-Musulmane de France, Combattre l’antisémitisme ou éduquer les antisémites ?

Mardi 26 novembre 2019, Annette Wieviorka, historienne de la Shoah, « Que nous apprend l’histoire sur l’antisémitisme d’aujourd’hui ?

Annette Wieviorka est une historienne de la mémoire du génocide des Juifs. Elle a conduit, alors qu’elle enseignait dans le secondaire le premier voyage scolaire français à Auschwitz en 1988. Elle avait écrit un ouvrage sur Les livres du souvenir, où elle rend compte de ce que les Juifs polonais avaient écrit sur leur monde d’avant le génocide. Elle s’oriente ensuite dans l’étude de la mémoire collective de la Shoah et écrit un petit livre qui est devenu un best-seller Auschwitz expliqué à ma fille.

Cette historienne nous indiquera ce que la connaissance des formes passées de l’antisémitisme peut nous apprendre sur les formes que prend aujourd’hui l’antisémitisme en France et ailleurs.

Mardi 28 janvier 2020, Frère Louis-Marie Coudray, OSB Oliv, directeur du Service National des Relations avec le Judaïsme auprès de la Conférence des évêques de France, « Antijudaïsme, antisémitisme, antisionisme ».

Mardi 11 février 2020, Georges Bensoussan, historien des mondes juifs, « Les habits (presque) neufs d’une vieille passion ».

Mardi 17 mars 2020, Florence Taubmann, pasteure et ancienne présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, « Combattre l’antisémitisme par la judéophilie ! ».

Mardi 28 avril 2020, Claude Birman, philosophe, « Combattre la haine des Juifs par la connaissance du passé pour bâtir l’avenir ».

Toutes les conférences débutent à 20h et se tiennent désormais aux Salons de l’Orangerie, Chemin du Dornig, 68000 Colmar ou 77 route de Neuf Brisach, 68000 Colmar  03 89 41 33 02.
Pour se rendre aux Salons de l’Orangerie en venant de Colmar en direction de Horbourg, tourner à gauche juste avant la station de lavage autos de l’hypermarché Leclerc. À cent mètres du feu, vous avez à droite un immense parking qui se trouve juste devant l’entrée des Salons de l’Orangerie.

L’AJCC a été fondée en 2008, mais dès 2000 existait déjà un groupe informel, Juifs et chrétiens pour se mieux connaître. Cette première appellation indiquait l’un des buts essentiels de ce groupe : plus de deux générations après la Shoah, on constatait que les juifs et les non-juifs de Colmar constituaient des groupes étrangers l’un à l’autre, que les préjugés contre les juifs, notamment dans le monde chrétien, étaient toujours vivaces, ainsi qu’on l’a constaté localement lors de la profanation du cimetière de Herrlisheim en 2004, et que nous en faisons de nouveau l’expérience douloureuse actuellement en France et en Europe. On l’aura compris, la connaissance réciproque entre juifs et non juifs, la lutte contre l’antisémitisme font partie de nos objectifs premiers.

AJC DE STRASBOURG

L’Amitié Judéo-Chrétienne de Strasbourg (AJCF Strasbourg) est l’antenne locale strasbourgeoise rattachée à l’AJCF, elle fonctionne avec un comité composé de juifs, catholiques et protestants. Janine Elkouby en est la Présidente en exercice depuis 2009 (voir son interview (2009) et la liste de ses publications).
L’antenne strasbourgeoise a été créée dans les années 1960 sur l’impulsion du Pr. Lazare Landau z’l (1928-2012), les autres membres fondateurs étant le Pr. André Neher z’l (1914-1988), le Pr. Marcel Simon (1907-1986), éminent historien du judaïsme antique, des débuts du christianisme et des relations entre le christianisme et le judaïsme dans l’Antiquité tardive, le Pr. Edmond Jacob (1909-1998), ansi que le Père Join-Lambert (oratorien) et le père Lichtenberg (dominicain). Sur les débuts de l’amitié judéo-chrétienne à Strasbourg, on peut lire Arrêt sur image et quelques extraits du mémoire de maîtrise de Florence Malhame.

LES DERNIÈRES ACTUALITÉS
MANIFESTATIONS

MANIFESTATION 2020

« L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs » Journée d’étude en partenariat avec le Centre Porte Haute à la Maison Diocésaine 17 rue de la Cigale Mulhouse — le jeudi 30 janvier. Professeure Marie-Jo Thiel