AJC DE COLMAR

CYCLE ANNUEL DE CONFÉRENCES DE
L’AMITIÉ JUDÉO-CHRÉTIENNE DE COLMAR

ANTISÉMITISME: UN MAL QUI RESURGIT

Mardi 28 janvier 2020, 20h, Salons de l’Orangerie, Chemin du Dornig, Colmar
FRÈRE Louis-Marie COUDRAY, directeur du Service National pour les relations avec le judaïsme de la Conférence des évêques de France : « Antijudaïsme, antisémitisme, anti-sionisme »

Aujourd’hui des manifestations d’antisémitisme resurgissent, Un débat est ouvert sur la notion d’antisionisme et son lien avec l’antisémitisme. L’antijudaïsme fait partie de l’histoire des rapports entre l’Église et le peuple juif. Il nous faut éclairer nos esprits sur ces différentes catégories. Comment aujourd’hui définir ces termes et ces notions. Quels sont leurs rapports ? Quelle est la part du religieux, du culturel et du politique dans chacune de ces notions ? leurs évolutions au cours de l’histoire. Comment les appréhender et en faire un bon usage aujourd’hui ?

Mardi 11 février 2020, 20h, Salons de l’Orangerie, Chemin du Dornig, Colmar
Georges BENSOUSSAN, historien des mondes juifs, « Les habits (presque) neufs d’une vieille passion ».

L’antijudaïsme, renommé à la fin du XIXe siècle antisémitisme, est incompréhensible sans l’évocation de ses racines chrétiennes, d’une nouvelle religion née du judaïsme et dont l’hostilité radicale à l’endroit de ses racines forgera les consciences pour des siècles. La passion antijuive va imprégner le psychisme collectif de l’Europe pour en faire la terre d’élection du préjugé antijuif. Cette passion de nature paranoïaque (« eux ou nous »), épouse les cadres culturels de son époque. De là, le passage d’un antijudaïsme religieux à un antijudaïsme national puis « racial ». Pourtant, le fond de ce rejet reste identique : une haine rédemptrice qui cristallise sur un objet maudit (« les Juifs ») des passions millénaristes et purificatrices. En 1945, après la destruction que l’on sait, on pouvait croire l’Europe débarrassée de ce fléau. C’était mal comprendre la nature de cette peste émotionnelle qui resurgit aujourd’hui, mais au nom de l’antiracisme et de l’« amour de l’Autre ». Pour cristalliser sa passion sur le rejet d’un État, moins de sa politique que de son droit à l’existence.
La haine antijuive a donc mué sous nos yeux du « peuple en trop » à l’« État en trop ». Et ce fantasme de destruction est d’autant plus inquiétant qu’il rencontre un antijudaïsme arabo-musulman d’une virulence rare, et, verbalement au moins, quasi génocidaire. Aujourd’hui, la détestation d’Israël met en danger le signe juif vivant quand, chaque 27 janvier, les Juifs disparus dans la Shoah font l’objet d’une communion universelle.

Mardi 17 mars 2020, Salons de l’Orangerie, Chemin du Dornig, Colmar
Florence Taubmann, pasteure et ancienne présidente de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, Combattre l’antisémitisme par la judéophilie !

Repérer, analyser, dénoncer l’antisémitisme sous toutes ses formes est essentiel mais ne suffit pas. Il faut saper le pouvoir de la haine par celui de l’amitié. Amitié née de la découverte de ce que sont le judaïsme et le peuple juif, et nourrie de la connaissance de tout ce qu’ils signifient pour l’ensemble de l’humanité. D’un point de vue chrétien, témoigner de cette amitié et partager cette connaissance s’impose d’autant plus que c’est du cœur du peuple juif que le monde a reçu le Messie qui a fondé l’Église et ouvert à tous le chemin de l’Alliance.

«VOYAGE DE MÉMOIRE» À AUSCHWITZ du 27 au 29 octobre 2020

L’Amitié judéo-chrétienne de Colmar organise du 27 au 29 octobre 2020 un « voyage de mémoire » à Auschwitz. Il faut être membre de l’association pour y participer. Le départ se fera le mardi 27 vers 6h30 de l’aéroport Bâle/Mulhouse, arrivée à Cracovie à 8h10 (vol Easy Jet). Visite de Cracovie et
de l’ancien quartier juif. Mercredi : visite d’Auschwitz et de Birkenau avec un guide spécialisé (3 heures et demie) ; visite de l’exposition « Les labyrinthes » de Marian Kolodziej, ancien prisonnier d’Auschwitz, à Harmeze ; retour à Cracovie ; jeudi : visite de la mine de sel de Wieliczka, avec un guide spécialisé (3 heures). Décollage à 16h35, arrivée à Bâle/Mulhouse à 18h35 (vol Easy Jet).

Le prix par personne, sur la base d’un groupe minimum de 21 personnes, est de 420€/personne pour les membres de notre association et comprend le vol AR, l’hôtel Wyspianski, les repas sans boisson, le guide, l’autocar, les tickets d’entrée. Il faut compter avec un supplément de 42€ pour une chambre individuelle.
À propos des repas cacher à Cracovie : les repas cacher (cuisinés dans des ustensiles spéciaux, bénis et transportés dans des conditions adéquates) reviennent cher : il faut compter un supplément de l’ordrede 20€ par repas (déjeuner et dîner). Reste le problème du petit-déjeuner. On peut très facilement trouver des repas « façon cacher », sans viande de porc, avec du bœuf ou du poisson, ou des repas végétariens. Pour les repas « façon cacher», il faut compter 3 ou 4€ de plus par repas. Faites-nous savoir ce
que vous voulez manger (repas strictement cacher, façon cacher avec bœuf ou poisson, végétarien). On peut demander aux restaurants où nous irons manger de nous communiquer leurs menus et commander avant le voyage pour tout le séjour.
Nous serons accompagnés par Christophe Woehrlé, docteur de histoire contemporaine (université de Bamberg), qui a notamment écrit Marc Lucius (1888-1962), « Juste parmi les nations » ? et qui est l’initiateur en France de la pose des Stolpersteine en France. »

Les pré-inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 décembre 2019 ; nous vous demandons un acompte de 130€ par personne à envoyer pour cette même date au trésorier de l’association, Théodore Stussi 23 av. Clemenceau 68 Colmar. Tél. : 03 68 07 43 57 thema.stussi@gmail.com

ATELIERS

Comme les années précédentes l’Amitié Judéo-Chrétienne de Colmar organise deux groupes de lectures, l’un portant sur un texte biblique et l’autre un livre choisi par les participants. Ces groupes se rencontrent environ toutes les quatre à six semaines à des dates convenues par les parti-
cipants.

Atelier «TEXTES BIBLIQUES» — Responsable: Théodore Stussi (03 68 07 43 57)
Ce groupe poursuit dans une atmosphère conviviale l’étude de textes bibliques. La présence de membres juifs ou chrétiens lisant l’hébreu est appréciable et permet un accès plus direct à l’original.

Les deux années précédentes, ce groupe avait travaillé sur le Livre de Job, puis celui de Jonas et enfin sur des Psaumes. Actuellement, il se consacre à la lecture de l’histoire de Joseph dans la Genèse (chap. 37-50).
La prochaine rencontre se fera à l’église Saint-Paul, av. de Paris à Colmar, jeudi 16 janvier 2020 à 17h15 à partir du chapitre 37, verset 28.

Atelier «LECTURES» — Responsable: Claude Mouchet (03 89 27 27 11)

Ce second groupe étudie des ouvrages plus ou moins récents en rapport avec le dialogue judéo-chrétien, choisis par les participants ; il lit actuellement le livre publié sous la direction d’Élisabeth Parmentier Une bible des femmes. Auparavant, il avait lu Réflexions sur la question antisémite de Delphine Horvilleur et L’identité juive du philosophe alsacien André Neher.
Ce groupe se réunira chez Nicole Lefèvre 11 rue Aristide Briand à Colmar le lundi 20 janvier 2020 à 17h30 pour s’entretenir sur « Le courage des femmes » et « Histoires d’étrangères » (p. 116-157).

 

Toutes les conférences débutent à 20h et se tiennent désormais aux Salons de l’Orangerie, Chemin du Dornig, 68000 Colmar ou 77 route de Neuf Brisach, 68000 Colmar  03 89 41 33 02.
Pour se rendre aux Salons de l’Orangerie en venant de Colmar en direction de Horbourg, tourner à gauche juste avant la station de lavage autos de l’hypermarché Leclerc. À cent mètres du feu, vous avez à droite un immense parking qui se trouve juste devant l’entrée des Salons de l’Orangerie.

 

L’AJCC a été fondée en 2008, mais dès 2000 existait déjà un groupe informel, Juifs et chrétiens pour se mieux connaître. Cette première appellation indiquait l’un des buts essentiels de ce groupe : plus de deux générations après la Shoah, on constatait que les juifs et les non-juifs de Colmar constituaient des groupes étrangers l’un à l’autre, que les préjugés contre les juifs, notamment dans le monde chrétien, étaient toujours vivaces, ainsi qu’on l’a constaté localement lors de la profanation du cimetière de Herrlisheim en 2004, et que nous en faisons de nouveau l’expérience douloureuse actuellement en France et en Europe. On l’aura compris, la connaissance réciproque entre juifs et non juifs, la lutte contre l’antisémitisme font partie de nos objectifs premiers.

AJC DE STRASBOURG

CONFÉRENCES PUBLIQUES ORGANISÉES PAR
AMITIÉ JUDÉO-CHRÉTIENNE DE STRASBOURG 06 13 02 26 14

Jeudi 23 janvier 2020, 17h (horaire à confirmer), Salle Blanche, Librairie Kléber: conférence à deux voix avec le docteur Jean-Gustave HENTZ, président de la commission éthique de la Fédération Protestante de France et le docteur Elie BOTBOL, spécialiste du Talmud.  » Quand un juif et un chrétien abordent les questions sociétales d’aujourd’hui ». En collaboration avec Charles Péguy.

JOURNÉE D’ÉTUDE, 9h30-16h30 (sur inscription), avec repas cacher
Dimanche 9 février 2020 : « Paul de Tarse et les judéo-chrétiens au miroir du Talmud et des Évangiles », journée d’étude avec Dan JAFFÉ, Professeur à l’Université Bar-Ilan, Israël. Partenariat avec l’Amitié Judéo-Chrétienne de Strasbourg. En collaboration avec Charles Péguy.

Lundi 10 février 2020 : 17h (horaire à confirmer), Salle Blanche, Librairie Kléber, Dan JAFFÉ, professeur à l’université Bar-Ilan : « La naissance du christianisme ». En collaboration avec Charles Péguy.

Mercredi 18 mars, Jean-Luc ROTH et son orchestre, concert de musiques chrétiennes et du Moyen-Orient. En collaboration avec Decere.

 

L’Amitié Judéo-Chrétienne de Strasbourg (AJCF Strasbourg) est l’antenne locale strasbourgeoise rattachée à l’AJCF, elle fonctionne avec un comité composé de juifs, catholiques et protestants. Janine Elkouby en est la Présidente en exercice depuis 2009 (voir son interview (2009) et la liste de ses publications).
L’antenne strasbourgeoise a été créée dans les années 1960 sur l’impulsion du Pr. Lazare Landau z’l (1928-2012), les autres membres fondateurs étant le Pr. André Neher z’l (1914-1988), le Pr. Marcel Simon (1907-1986), éminent historien du judaïsme antique, des débuts du christianisme et des relations entre le christianisme et le judaïsme dans l’Antiquité tardive, le Pr. Edmond Jacob (1909-1998), ansi que le Père Join-Lambert (oratorien) et le père Lichtenberg (dominicain). Sur les débuts de l’amitié judéo-chrétienne à Strasbourg, on peut lire Arrêt sur image et quelques extraits du mémoire de maîtrise de Florence Malhame.

Jérusalem, voyage d’une chrétienne au coeur du judaïsme

Préfaces du rabbin Philippe HADDAD et de frère Louis-Marie COUDRAY

Par soeur Sofie HAMRING
Ed. Béatitudes, Février 2019

Ce livre est un cadeau, et, comme tout cadeau, un don gratuit. C’est en effet le mot de « grâce » qui me vient à l’esprit quand je pense au livre de sœur Sofie Hamring, Car aimer le peuple juif est une grâce, un don de Dieu, hélas trop peu répandu mais que les chrétiens de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, eux, sont nombreux à éprouver.

Or chaque page du livre déborde de cette grâce, qui coule comme une eau bienfaisante sur tous ceux qui voudront bien l’ouvrir. Poussée par « un élan du cœur », sœur Hamring dit avoir bu à grands traits « à la source qui a vivifié Jérusalem depuis le commencement », et en avoir été « fascinée » et « séduite ».

Mais l’ « expérience bouleversante » qu’elle a alors vécue n’est pas une affaire de sentiments, même si c’est tout son être qui a été saisi par la rencontre en profondeur du judaïsme.

Envoyée à Jérusalem par la Supérieure de son couvent dominicain de Lund pour y reprendre des forces, la sœur Hamring y arriva dans un état de fatigue et de vide intérieur qui lui permit, comprit-elle par la suite, d’accueillir « la foi juive » et de se laisser emplir par l’autre, le peuple juif rencontré à Jérusalem, dans toute son altérité.

« Ne nous aimez pas trop ! », lançait un jour le grand rabbin Gilles Bernheim à des chrétiens dont il craignait le trop grand désir de proximité.

L’amour de sœur Sofie pour Israël me paraît sur ce point exemplaire. La compréhension intime du judaïsme à laquelle les chabbat et les fêtes vécus au sein de familles juives lui ont permis de parvenir, la joie profonde éprouvée à goûter avec ses amis aux « délices » de la Torah, s’accompagnent d’un sens aigu de la différence et de la distance, qui seules permettent à l’autre d’être pleinement lui-même et reconnu pour ce qu’il est.

Mais son amour pour le peuple juif rencontré à Jérusalem ne l’empêche pas d’être sensible au sort des Palestiniens, comme à tous ceux qui font des choix différents du sien. Refusant de porter sur eux le moindre jugement, elle ne prononce que celui-ci : « Pour ma part, je choisissais de juger l’arbre à ses fruits ».

Respectueuse de la différence juive, elle découvre avec émerveillement la profondeur de la relation à Dieu des Juifs qu’elle rencontre, et qu’il est « possible de communier intimement à Dieu sans confesser Jésus comme Messie ». Fermement ancrée dans son adhésion au Christ, bousculée mais non déstabilisée dans sa foi chrétienne, elle comprend qu’« il n’est pas nécessaire de posséder toutes les réponses », et, avec jubilation, dans des pages où se mêlent poésie, citations de psaumes, de maîtres juifs ou chrétiens et réflexions personnelles, elle écrit, dans ce livre superbe, une véritable déclaration d’amour à Israël.

Laissons-nous inonder par cette grâce !

Jacqueline Cuche

Contribution des Eglises issues de la Réforme en Europe sur les relations entre les Chrétiens et les Juifs

La Communion ecclésiale de Leuenberg (qui fédère plus de cent Eglises protestantes d’Europe) publie une importante Déclaration, ‘Eglise et Israël’, unique en son genre tant par son ampleur que par le nombre de pays concernés.

Le texte complet fait 36 pages. Dans sa troisième partie, il présente les « recommandations » suivantes :

1.1.5 : Travail à accomplir dans les communautés et au niveau de la direction d’Eglise

– Que les Eglises encouragent de façon continue des groupes de travail qui ont pour tâche de réfléchir aux conséquences théologiques et sociales de la rencontre de l’Eglise et d’Israël, et de faire porter du fruit à ces réflexions dans tous les champs d’action de l’Eglise. Si possible, ceci devrait être mis en oeuvre par un dialogue avec les partenaires juifs.

– Que les Eglises prennent soin de cultiver entre elles un échange fructueux au sujet de leurs travaux respectifs en vue de la clarification du rapport de l’Eglise à Israël.

– Qu’elles partagent les résultats auxquels elles ont abouti par ces études.

– Que les Eglises s’efforcent de prendre des contacts, à tous les niveaux, avec les communautés juives de leur entourage et de les maintenir vivants.

– Que par ailleurs – au regard des évolutions récentes à l’intérieur des communautés juives d’Europe, évolutions déclenchées par des mouvements migratoires- les Eglises fassent un effort en faveur d’une solidarité pratique partout où celle-ci est bienvenue.

– Que les Eglises mettent pleinement à profit les contacts qu’elles peuvent avoir et leur adhésion à des organisations qui réunissent des représentantes et des représentants de l’Eglise et d’Israël, par exemple à celles qui consacrent leurs efforts en faveur de l’entente mutuelle, de la paix et du développement au Proche-Orient.

1.2.5 : Prédication ecclésiale et enseignement

– Que la prédication chrétienne exprime le lien entre la foi chrétienne et le judaïsme. En particulier, qu’elle se dresse contre toutes les tentatives de vouloir opposer le Dieu prétendument sans pitié et vengeur de l’Ancien Testament au Dieu miséricordieux et qui fait grâce du Nouveau Testament. Qu’elle contribue à dépasser le reproche qui exerce jusqu’à aujourd’hui une certaine influence, à savoir que les Juifs seraient « déicides ».

– Que la prédication chrétienne s’efforce de s’exprimer de manière appropriée à propos du judaïsme et de sa foi. Qu’elle évite, par exemple, de relayer les clichés sur la piété légaliste juive, et qu’elle soit attentive à l’auto-compréhension qu’en ont les Juifs.

– Que la réticence à l’égard de textes de prédication tirés de l’Ancien Testament, qui est perceptible jusqu’à nos jours dans certaines Eglises, soit l’objet d’une réflexion critique et qu’elle soit surmontée. A cet effet, plusieurs pistes sont tout autant requises les unes que les autres : que l’exégèse vétérotestamentaire et l’homilétique se préoccupent encore davantage d’une herméneutique qui soit utile à la prédication chrétienne. Il convient de réviser les listes de textes pour la prédication ; de même, on peut encourager le choix de textes de l’Ancien Testament comme lectures et comme textes de prédication.

1.3.5 : Culte et Calendrier liturgique

– Dans les célébrations cultuelles, on peut toujours faire prendre conscience de la proximité des célébrations cultuelles chrétiennes et juives, ainsi que de l’origine dans la tradition d’Israël de nombreux éléments cultuels.

– L’Eglise et Israël témoignent que le dimanche ou le sabbat sont bénis pour les hommes et pour toute la création. Il convient donc de mettre en évidence les multiples dimensions et les implications de la pause après une semaine de travail, en particulier ce que cette pause recèle en force salutaire. Le repos dominical répond à la parole de grâce et au commandement de Dieu. Il est louange de la résurrection de Jésus, et en même temps louange de la création bonne de Dieu qui connaît les limites données aux humains. Il est mémorial de la libération de l’esclavage, qui oppose un démenti aux rapports de force injustes. Il est également mémoire de l’intrusion du Royaume de Dieu, dans l’Esprit duquel nous agissons dès maintenant.

1.4.5 : Formation ecclésiale initiale et formation continue

– Connaître l’interprétation de l’Ecriture et les pratiques de la foi juive est un élément de l’enseignement théologique dispensé par l’Eglise au même titre que la réflexion sur le point précis de la relation entre Israël et l’Eglise. C’est pourquoi nous recommandons, partout où cela est possible, de faire participer des professeures et professeurs juifs à la formation, le cas échéant en collaboration avec des théologiennes et théologiens chrétiens.

– Que les Eglises soutiennent pleinement des programmes d’étude et d’échanges avec des instituts de formation juifs, au niveau universitaire ainsi qu’à tout autre niveau et qu’elles encouragent la spécialisation théologique dans le domaine du dialogue judéo-chrétien – en particulier la connaissance de la tradition et de l’histoire juives qui en fait partie.

– Que les pasteures et les pasteurs et les enseignantes et les enseignants soient encouragés et aidés lorsqu’ils cherchent à prendre connaissance de la réalité de la vie en Israël, par exemple par le biais d’une période d’étude sur place. Les Eglise doivent créer les conditions favorables pour cela, et développer davantage les possibilités existantes.

2. De la responsabilité commune des chrétiens et des Juifs

Ces dernières années, dans de nombreuses situations, chrétiens et Juifs ont combattu ensemble contre la discrimination, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Dans ce domaine, ils se savent liés les uns aux autres. Dans le processus conciliaire, les thèmes de « Justice, paix et sauvegarde de la création » sont devenus particulièrement significatifs pour de nombreuses Eglises. Ce sont des préoccupations et des espérances qui concernent à la fois les chrétiens et les Juifs sur la base de la tradition qui leur est propre. Ils peuvent être côte à côte dans la lutte pour une application de plus en plus réelle des droits de l’homme au plan individuel et social. Ces dernières années, de nombreuses expériences ont été vécues en Europe sur le terrain de tels engagements communs. Ce sont des signes encourageants qui montrent que la culpabilité et les blessures qui ont été infligées ne doivent pas forcément avoir le dernier mot, mais que, avec précaution –sans qu’il soit question d’oublier ni de refouler le passé- des pas peuvent être faits ensemble.

DÉCLARATION JUIVE SUR LES CHRÉTIENS ET LE CHRISTIANISME

« DABRU EMET » (« Dites la vérité » cf. Zacharie 8,16)

Signée par 173 personnalités juives, cette déclaration est publiée aux Etats-Unis le 10 septembre 2000 sous forme d’une page publicitaire complète dans le « New York Times » ainsi que dans « The Sun » à Baltimore.

« Nous croyons qu’il est temps pour les Juifs d’être au courant des efforts que font les Chrétiens pour rendre honneur au Judaïsme et de réfléchir à ce que le Judaïsme peut dire du Christianisme à présent. (…) Juifs et Chrétiens doivent œuvrer ensemble pour la justice et la paix. » En voici le texte complet en annexe.

Ces dernières années, s’est produit un changement spectaculaire et sans précédent dans les relations entre Juifs et Chrétiens. Durant les quelque deux millénaires d’exil juif, les Chrétiens ont eu tendance à définir le Judaïsme comme une religion défaillante ou, au mieux, une religion qui a préparé la voie au Christianisme et trouve en lui son accomplissement. Cependant, dans les décennies qui ont suivi l’Holocauste, le Christianisme a changé de manière spectaculaire. Un nombre croissant d’instances officielles de l’Église, tant catholiques que protestantes, ont exprimé publiquement leur remords pour le tort que les chrétiens ont causé aux Juifs et au Judaïsme. Ces déclarations ont affirmé, en outre, que la prédication et l’enseignement chrétiens peuvent et doivent être réformés en sorte qu’ils reconnaissent l’alliance éternelle de Dieu avec le peuple juif et rendent hommage à la contribution du Judaïsme à la civilisation mondiale et à la foi chrétienne elle-même.

Nous croyons que ces changements méritent une réponse juive approfondie. Parlant uniquement en notre nom propre, en tant que groupe intercommunautaire de savants juifs, nous croyons qu’il est temps pour les Juifs d’être au courant des efforts que font les Chrétiens pour rendre honneur au Judaïsme. Nous croyons qu’il est temps pour les Juifs de réfléchir à ce que le Judaïsme peut dire du Christianisme à présent. A titre de premier pas, nous présentons huit brèves propositions concernant la manière dont Juifs et Chrétiens peuvent être en relation les uns avec les autres.

[1] Juifs et Chrétiens adorent le même Dieu. Avant la montée du Christianisme, les Juifs étaient les seuls adorateurs du Dieu d’Israël. Mais les Chrétiens adorent, eux aussi, le Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, créateur du ciel et de la terre. Bien que le culte chrétien ne soit pas un choix religieux viable pour les Juifs, nous nous réjouissons en tant que théologiens juifs, de ce que, par l’intermédiaire du Christianisme, des centaines de millions de gens sont entrés en relation avec le Dieu d’Israël.

[2] Juifs et Chrétiens s’en remettent à l’autorité du même livre, la Bible (que les Juifs appellent « TaNaKh » et les Chrétiens, « Ancien Testament »). Nous référant à elle pour notre orientation religieuse, notre enrichissement spirituel, et notre éducation communautaire, chacun de nous en dégage des leçons similaires : Dieu a créé et soutient l’univers; Dieu a établi une alliance avec le peuple d’Israël, la parole de Dieu révélée guide Israël vers une vie d’intégrité; et, en fin de compte, Dieu rachètera Israël et le monde entier. Cependant, Juifs et Chrétiens interprètent la Bible de manière différente sur bien des points. Des différences de cette nature doivent toujours être respectées.

[3] Les Chrétiens peuvent respecter le droit des juifs à la terre d’Israël. L’événement le plus important pour les Juifs depuis l’Holocauste a été le rétablissement d’un Etat juif dans la Terre promise. En tant que membres d’une religion basée sur la Bible, les Chrétiens apprécient que [la terre d’]Israël ait été promise – et donnée – aux Juifs comme le centre physique de l’alliance entre eux et Dieu. Beaucoup de Chrétiens soutiennent l’État d’Israël pour des raisons beaucoup plus profondes que purement politiques. En tant que Juifs, nous applaudissons à ce soutien. Nous reconnaissons aussi que la tradition juive exige la justice pour tous les non-Juifs qui résident dans un Etat juif.

[4] Juifs et Chrétiens acceptent les principes moraux de la Torah. La sainteté inaliénable et la dignité de chaque être humain sont au centre des principes moraux de la Torah. Nous avons tous été créés à l’image de Dieu. Cet accent mis sur ce qui nous est commun peut être la base d’une amélioration des rapports entre nos deux communautés. Ce peut être aussi la base d’un puissant témoignage face au monde entier, pour que s’améliore la vie de nos compagnons d’humanité et pour que soient combattues l’immoralité et l’idolâtrie, qui nous nuisent et nous dégradent. Un tel témoignage est nécessaire, surtout après les horreurs sans précédent du siècle passé.

[5] Le nazisme n’était pas un phénomène chrétien. [Toutefois], sans la longue histoire de violence et d’antijudaïsme chrétiens contre les Juifs, l’idéologie nazie n’aurait pu prendre de l’influence ni parvenir à ses fins. Trop de chrétiens ont participé aux atrocités nazies contre les Juifs, ou les ont approuvées. D’autres n’ont pas suffisamment protesté contre elles. Mais le nazisme n’était pas la conséquence obligée du Christianisme. Si l’extermination nazie des Juifs avait été entièrement couronnée de succès, elle aurait tourné plus directement sa rage meurtrière contre les Chrétiens. Nous exprimons notre reconnaissance envers ceux des Chrétiens qui ont risqué ou sacrifié leur vie pour sauver des Juifs sous le régime nazi. Ayant cela présent à l’esprit, nous encourageons à la poursuite des efforts récents de la théologie chrétienne, pour répudier sans équivoque le mépris du Judaïsme et du peuple juif. Nous félicitons les Chrétiens qui repoussent cet enseignement du mépris, et nous ne leur reprochons pas les fautes commises par leurs ancêtres.

[6] La différence humainement inconciliable entre Juifs et Chrétiens ne sera pas abolie jusqu’à ce que Dieu ait racheté le monde entier, comme promis dans l’Ecriture sainte. Les Chrétiens connaissent et servent Dieu par l’intermédiaire de Jésus Christ et de la tradition chrétienne. Les Juifs connaissent et servent Dieu par l’intermédiaire de la Torah et de la tradition juive. Cette différence ne sera pas abolie par une communauté qui soutiendrait avoir interprété l’Ecriture sainte plus correctement que l’autre, ni par l’exercice du pouvoir politique de l’une sur l’autre. Les Juifs peuvent respecter la fidélité des Chrétiens à leur révélation, exactement de la même manière que nous attendons des Chrétiens qu’ils respectent notre fidélité à notre révélation. Ni le Juif ni le Chrétien ne doivent être poussés à confirmer l’enseignement de l’autre communauté.

[7] Une nouvelle relation entre Juifs et Chrétiens n’affaiblira pas la pratique juive. L’amélioration de cette relation n’accélérera pas l’assimilation culturelle et religieuse que craignent les Juifs, à juste titre. Elle ne changera pas les formes traditionnelles du culte rendu à Dieu par les Juifs ; elle n’accroîtra pas le nombre des mariages mixtes entre Juifs et non-Juifs, ni n’incitera davantage de Juifs à se convertir au Christianisme, ni ne donnera lieu à un syncrétisme religieux pernicieux entre Judaïsme et Christianisme. Nous respectons le Christianisme en tant que confession de foi issue du Judaïsme et ayant encore des points de contact importants avec lui. Nous ne le voyons pas comme une extension du Judaïsme. Ce n’est qu’en aimant nos propres traditions que nous pouvons poursuivre cette relation en toute loyauté.

[8] Juifs et Chrétiens doivent œuvrer ensemble pour la justice et pour la paix. Juifs et Chrétiens, chacun à leur manière, reconnaissent l’état de non-Rédemption du monde, qu’illustre la persistance de la persécution, de la pauvreté, de la déchéance et de la misère humaines. Bien que la justice et la paix soient finalement l’œuvre de Dieu, nos efforts, conjugués à ceux d’autres communautés de foi, aideront à l’instauration du royaume de Dieu dans lequel nous espérons et que nous désirons ardemment. Séparément et ensemble, nous devons travailler à apporter justice et paix à notre monde. Dans cette entreprise, nous sommes guidés par la vision des prophètes d’Israël : « Il arrivera, à la fin des jours, que la montagne de la maison du Seigneur s’élèvera au-dessus des collines. Alors de nombreuses nations afflueront vers elle […] en disant : « Venez, montons à la montagne du SEIGNEUR, à la maison du Dieu de Jacob, qu’il nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers. » ». (Isaïe 2, 2-3)

Les 18 propositions présentées par Jules Isaac à Seelisberg en 1947

ISAAC, JULES MARX (1877 -1963)
Historien français né à Rennes, il devint inspecteur en chef de l’enseignement d’histoire au ministère de l’éducation nationale.

Il fut cruellement éprouvé par la mort en déportation de sa femme et de sa fille.

Auteur de nombreux ouvrages, il publie en 1946 : « Jésus et Israël ».
Dans ce livre « qui est le cri d’une conscience indignée, d’un cœur déchiré », Jules ISAAC révèle les racines chrétiennes de l’anti-judaïsme et réclame l’instauration d’un dialogue véritable entre Juifs et Chrétiens. En annexe du livre (pages 575-578), il propose 18 points comme base pour corriger l’enseignement chrétien sur les Juifs.

Auteur de nombreux ouvrages, il publie en 1946 : « Jésus et Israël ».
Dans ce livre « qui est le cri d’une conscience indignée, d’un cœur déchiré », Jules ISAAC révèle les racines chrétiennes de l’anti-judaïsme et réclame l’instauration d’un dialogue véritable entre Juifs et Chrétiens. En annexe du livre (pages 575-578), il propose 18 points comme base pour corriger l’enseignement chrétien sur les Juifs.Cruellement éprouvé par la mort en déportation de sa femme et de sa fille, l’historien français Jules Isaac publie en 1846 un livre intitulé « Jésus et Israël », dans lequel il révèle les racines chrétiennes de l’anti-judaïsme et réclame l’instauration d’un dialogue véritable entre Juifs et Chrétiens. En annexe du livre (pages 575-578), il propose 18 points comme base pour corriger l’enseignement chrétien sur les Juifs.

Un enseignement chrétien digne de ce nom devrait :
– donner à tous les chrétiens une connaissance au moins élémentaire de l’Ancien Testament ; insister sur le fait que l’Ancien Testament, essentiellement sémitique – fond et forme, était l’Écriture sainte des Juifs, avant de devenir l’Écriture sainte des chrétiens ;

– rappeler qu’une grande partie de la liturgie chrétienne lui est empruntée ; et que l’Ancien Testament, œuvre du génie juif (éclairé par Dieu), a été jusqu’à nos jours une source permanente d’inspiration pour la pensée, la littérature et l’art chrétiens ;

– se garder d’omettre le fait capital que c’est au peuple juif, élu par Lui, que Dieu s’est révélé d’abord dans sa Toute-Puissance ; que c’est par le peuple juif que la croyance fondamentale en Dieu a été sauvegardée, puis transmise au monde chrétien ;

– reconnaître et dire loyalement, en s’inspirant des enquêtes historiques les plus valables, que le christianisme est né d’un judaïsme non pas dégénéré mais vivace, comme le prouvent la richesse de la littérature juive, la résistance indomptable du judaïsme au paganisme, la spiritualisation du culte dans les synagogues, le rayonnement du prosélytisme, la multiplicité des sectes et des tendances religieuses, l’élargissement des croyances ; se garder de tracer du pharisaïsme historique une simple caricature ;

– tenir compte du fait que l’histoire donne un démenti formel au mythe théologique de la Dispersion – châtiment providentiel (de la Crucifixion), puisque la dispersion du peuple juif était un fait accompli au temps de Jésus et qu’à cette époque, selon toute vraisemblance, la majorité du peuple juif ne vivait plus en Palestine ; même après les deux grandes guerres de Judée (1er et 2ème siècles), il n’y a pas eu dispersion des Juifs de Palestine ;

– mettre en garde les fidèles contre certaines tendances rédactionnelles des Évangiles, notamment dans le quatrième Évangile l’emploi fréquent du terme collectif « les Juifs » dans un sens limitatif et péjoratif – les ennemis de Jésus : les grands prêtres, scribes et pharisiens, – procédé qui a pour résultat non seulement de fausser les perspectives historiques, mais d’inspirer l’horreur et le mépris du peuple juif dans son ensemble, alors qu’en réalité ce peuple n’est nullement en cause ;

– dire très explicitement, afin que nul chrétien ne l’ignore, que Jésus était juif, de vieille famille juive, qu’il a été circoncis (selon la Loi juive) huit jours après sa naissance ; que le nom de Jésus est un nom juif (Yeschouha) grécisé, et Christ l’équivalent grec du terme juif Messie ; que Jésus parlait une langue sémitique, l’araméen, comme tous les juifs de Palestine ; et qu’à moins de lire les Évangiles dans leur texte original qui est en langue grecque, on ne connaît la Parole que par une traduction de traduction ;

– reconnaître – avec l’Écriture – que Jésus, né « sous la Loi » juive, a vécu « sous la Loi » ; qu’il n’a cessé de pratiquer jusqu’au dernier jour les rites essentiels du judaïsme ; que, jusqu’au dernier jour, il n’a cessé de prêcher son Évangile dans les synagogues et dans le Temple ;

– ne pas omettre de constater que, durant sa vie humaine, Jésus n’a été que « le ministre des circoncis » (Romains, XV,8) ; c’est en Israël seul qu’il a recruté ses disciples ; tous les apôtres étaient des juifs comme leur Maître ;

bien montrer, d’après les textes évangéliques, que, sauf de rares exceptions, et jusqu’au dernier jour, Jésus n’a cessé d’obtenir les sympathies enthousiastes des masses populaires juives, à Jérusalem aussi bien qu’en Galilée ;

se garder d’affirmer que Jésus en personne a été rejeté par le peuple juif, que celui-ci a refusé de le reconnaître comme Messie et Fils de Dieu, pour la double raison que la majorité du peuple juif ne l’a même pas connu, et qu’à cette partie du peuple qui l’a connu, Jésus ne s’est jamais présenté publiquement et explicitement comme tel ; admettre que, selon toute vraisemblance, le caractère messianique de l’entrée à Jérusalem à la veille de la Passion n’a pu être perçu que d’un petit nombre ;

se garder d’affirmer qu’à tout le moins Jésus a été rejeté par les chefs et représentants qualifiés du peuple juif ; ceux qui l’ont fait arrêter et condamner, les grands-prêtres, étaient les représentants d’une étroite caste oligarchique, asservie à Rome et détestée du peuple ; quant aux docteurs et aux pharisiens, il ressort des textes évangéliques eux-mêmes qu’ils n’étaient pas unanimes contre Jésus ; rien ne prouve que l’élite spirituelle du judaïsme se soit associée à la conjuration ;

se garder de forcer les textes pour y trouver la réprobation globale d’Israël ou une malédiction qui n’est prononcée nulle part explicitement dans les Évangiles ; tenir compte du fait que Jésus a toujours pris soin de manifester à l’égard des masses populaires des sentiments de compassion et d’amour ;

se garder par-dessus tout de l’affirmation courante et traditionnelle que le peuple juif a commis le crime inexpiable de déicide, et qu’il en a pris sur lui, globalement, toute la responsabilité ; se garder d’une telle affirmation non seulement parce qu’elle est nocive, génératrice de haines et de crimes, mais aussi parce qu’elle est radicalement fausse ;

mettre en lumière le fait, souligné par les quatre Évangiles, que les grands-prêtres et leurs complices ont agi (contre Jésus) à l’insu du peuple et même par crainte du peuple ;

pour ce qui est du procès juif de Jésus, reconnaître que le peuple juif n’y est pour rien, n’y a joué aucun rôle, n’en a même probablement rien su ; que les outrages et brutalités qu’on met à son compte ont été le fait des policiers ou de quelques oligarques ; qu’il n’y a nulle mention d’un procès juif, d’une réunion du sanhédrin dans le quatrième Évangile ;

pour ce qui est du procès romain, reconnaître que le procurateur Ponce Pilate était entièrement maître de la vie et de la mort de Jésus ; que Jésus a été condamné pour prétentions messianiques, ce qui était un crime aux yeux des Romains, non pas des Juifs ; que la mise en croix était un supplice spécifiquement romain ; se garder d’imputer au peuple juif le couronnement d’épines qui est, dans les récits évangéliques, un jeu cruel de la soldatesque romaine ; se garder d’identifier la foule ameutée par les grands-prêtres avec le peuple juif tout entier ou même avec le peuple juif de Palestine dont les sentiments antiromains ne font pas de doute ; noter que le quatrième Évangile met en cause exclusivement les grands-prêtres et leurs gens ;

en dernier lieu, ne pas oublier que le cri monstrueux : « Son sang soit sur nous et sur nos enfants » ne saurait prévaloir contre la Parole : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ».

L’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs » de Marie-Jo Thiel

Qu’est-ce qui a dysfonctionné pour que des prêtres, des évêques en viennent à abuser d’enfants, et que d’autres les couvrent ? Pourquoi une telle ampleur des scandales au sein de l’Église au XXe siècle ? Continuer la lecture de « L’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs » de Marie-Jo Thiel »

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« L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs » Journée d’étude en partenariat avec le Centre Porte Haute à la Maison Diocésaine 17 rue de la Cigale Mulhouse — le jeudi 30 janvier. Professeure Marie-Jo Thiel